Ma Présidente.

Elle est de celles que l'on distingue.

Je sais peu d'elle.
Rarement, confidences distillées,
elle est discrète,
comme le mystère de nos sept années.

Je ne sais rien de ses jeux, compagnons, conquêtes,
ni de son passé, ses amoureux,
experte et maître de l'esquive, des pirouettes,
lorsque le sujet dérange,
et n'intéresse, qu'elle et eux.

Elle a ce port de la toilette,
d'un autre temps, plus fastueux,
ce noir et blanc retouché au pastel,
des films d'Hitchcock, d'Orson Welles,
des actrices légendaires,
passions et doubles-jeux.

La pellicule argentique aime ce modèle,
ses portraits sont délicieux.

Elle est d'une année érotique de fin de millénaire,
et libraire d'une institution plus que centenaire,
d'où peut-être,
ce temps suspendu,
dans son allure et son certain caractère.

Demain, c'est son anniversaire,
souhaitez-lui, avec des mots, des fleurs éternelles,
choisissez ceux ou celles,
qui lui conviendraient le mieux,
la troubleraient, peut-être,
faisant de ce jour de fête,
Cécile, en bonheur radieux.

Tes amis t'aiment.
12/02/2008
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# Posté le lundi 11 février 2008 10:32

Modifié le mardi 12 février 2008 04:29

L'espoir fait (sur)vivre.

Et même si,
je t'offrais la planète
je te décrochais la lune,
ta peau de porcelaine, tes yeux qui sur moi passent,
ta bouche sensuelle,
rien de toi, je ne gouterai.

Et même si,
mes nuits sombres,
de phantasmes, handicapées,
de rêves extrêmes à m'imaginer,
recevoir de toi, un seul et un unique baisé.

Et même si,
j'attends, j'espère,
je t'attends, en peine, de savoir,
d'espérer pourtant une merveille,
du hasard, de la chance,
de passage égarés.

Et si même, et si même...
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# Posté le samedi 09 février 2008 08:43

Modifié le lundi 11 février 2008 10:36

Plume affutée.

Une grue cendrée grande prêtresse,
et un petit canard boiteux.


Une grue cendrée règne sur un lac de Finlande.

Sur son peuple conquis tant son pouvoir semble grand,
elle fait régner la terreur, de sa beauté éphémère,
son sens de la répartie, son agressivité naturelle,
sa nonchalance travaillée,
de l'idée de ce qu'elle suppose être,
ses congénères.

Un port de tête altier, de longues pattes souveraines,
notre échassier dominante, tout du long des saisons,
devant une cour pléthorique, s'affaire,
conduisant ses sujets, le Roi, malléable,
de savoir ce qu'elle sait,
elle est, incontournable.

Elle s'entretient énergiquement et cela la distingue,
de ses congénères ailées, les plus faibles.

De son long cou fort beau,
dominé par une tête bien faite,
elle asservie avec aisance,
males et femelles.

Aucune extravagance tapageuse sur sa robe cendrée,
mais du bon goût, de l'originalité,
de grands classiques revisités,
tout en nuance et finesse.

Uniquement baguée à une patte, d'un bijou singulier,
elle revendique fièrement,
l'anneau qui seul la lie,
au volatile, qui partage son nid.

De cette alliance réfléchie, naîtra souhaitée Vipérine,
sûrement aussi jolie que notre souveraine,
duveteuse et tendre, rigoureusement élevée,
elle ressemblera à son modèle,
au terme du contenu des leçons dispensées.

Mais aujourd'hui, notre grue commande,
anticipe, provoque, dénonce,
et de fait, la colonie assiégée,
subit et peine,
à prévenir les prochains coups de becs, d'ongles,
affûtés, précis, au regard de ses yeux,
pourtant si beaux, si bleus.

On pourrait l'aimer autant que l'on pourrait la craindre,
mais en son très fond intérieur,
elle n'attend rien,
ni l'un, ni son contraire.

Avec le temps, son mépris de ceux,
de qui, elle se diffère,
ceux, dont l'ambition est moins grande à faire la guerre,
deviennent ses instruments, subissent ses colères.

Elle se partage au quotidien en jeux gratuits
et vengeances personnelles,
certainement motivée par des douleurs passées,
une mémoire de jeunesse,
que l'on peu supposer, peu cendrée, pas ordinaire.

Elle entretient avec ces jouets, des relations grégaires,
martyrs après avoir été charmés,
obligés à lui plaire,
ce dont, naturellement, elle se soucis peu,
elle s'en indiffère.

Certains craquent et quittent le lieu,
d'autres se dissimulent ou disparaissent,
les derniers usés d'avoir luttés,
la plume triste, le cou en berne,
ignorent la souveraine, comme leur condition
laissant la temporairement belle,
occuper les positions,
veiller à toutes dispositions,
qui lui semblent être, nécessaires.

Bel oiseau, moi qui patauge en frontière de ton marais,
loin du centre et de ton cercle de jeu,
pour qui cela intéresse,
la mémoire des grues,
est loin d'être celle, des belettes...

Lorsque le temps sera venu, où désarmée,
et sans celle absolue, qui t'as faite,
devant ces contrariées, motivées à te défaire,
il est à craindre d'un soucis,
pour les tiens et leurs affaires.

L'avantage de la laideur, sur la beauté,
est que la première est éternelle,
la seconde passagère,
et que si l'on utilise cette grâce,
ce don de dieu, à nuire à ses congénères,
ils risquent de s'offusquer,
et rendre coups d'aile, pour coups d'aile,
par des intermédiaires aussi peu vertueux,
que tes actes, sur cette terre.

Contrairement à moi, petit canard boiteux,
spectateur ignoré de ta sphère,
mais analyste consciencieux,
d'une belle grue cendrée, grande prêtresse,
à qui je reconnais un tempérament de feu,
et de superbes yeux clairs,
mais un c½ur, pareil à de la pierre,
malheureusement handicap majeur,
aux longs vols heureux
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# Posté le vendredi 08 février 2008 17:47

Modifié le lundi 11 février 2008 11:36

Printemps joli.

Allez donc, v'la l'printemps !

L'herbe y pousse, l'pigeons roucoulent,
les gens, mêm'sans dents, y sourient.

V'la t'y pas, qu'le voisin Gaston,
s'baigne au moulin,
j'lavais point vu d'puis les moissons,
avec d'l'eau et un chiffon !

L'goret y s'en fout, des saisons,
mêm qu'il a 'ssayé, d'me mordre le jambon,
pas plus tard qu'hier,
l'a pris mon pied dans les roustons.

Et la Marie, ah..., la Marie,
Qu'est t'jours belle, de toute façon
j'lui causerai bien, mouais,
j'lui montrerai des choses belles,
dissimulées en c'te saison.

J'l'emmènerai à la bute aux cerfs,
où c't'animaux braillent comme des cons,
pour plaire à leurs belles,
et plus, si affection.

J'lui décrocherai ben l'ciel, bordel,
si j'tais beau, comme les lardons,
du notaire ou d'l'apothicaire,
y'a pas d'justice, dans ce canton.

Alors tiens, j'm'en va boire un verre,
ou deux ; y'a pas d'raison.

L'printemps c'est fait aussi pour les bouseux,
z'ont pareil d'la sève, pardis,
et mêm qu'nous z'autres, comme on est vert,
paraît qu'elle monte à l'unisson,
pareil à c'te pauv bête, l'cabo,
qui braille tout du long.

Enfin, j'me rentre,
moi l'printemps, ça m'fout l'bourdon.

J'va finir ma bouteille,
la gnole, ça soigne tout, et pis c'est bon !

Vin dieu, c'est'y pas malheureux,
d'boire seul en c'te saison,
c't'un coup à s'prendre au chêne,
d'vant l'perron,
ou se j'ter com une pierre,
au fond du puits, comme un couillon.

Tiens,
vivement l'prochain hiver !

# Posté le vendredi 08 février 2008 11:57

Modifié le mardi 26 août 2008 08:13

Tranche de tramway, Bordelais.

En bon provincial, je ne connaissais des transports en commun, que le bus me permettant de me rendre au lycée, et à défaut, de m'en ramener.
Ce dernier, à l'époque, archaïque, souffrait d'une absence d'options, naturelle et de circonstance, au milieu de ces années soixante dix.

Nous ouvrions les vitres, faute de climatisation; le conducteur compostait les titres de transports, nous demandions notre arrêt, ce dernier nous ouvrait la porte, à l'aide d'une barre de renvoie, articulée.
Chacun était dans son rôle, transporteur comme transportés.
En commun, inconfortablement installés.

Les nuisances étaient sonores, douloureuses aux lombaires et induisaient une nécessité et une adresse absolue à s'agripper, à des anneaux en cuir, en mouvements perpétuels, ou des barres d'acier, pas encore chromées.

La visite traditionnelle en nos familles ouvrières, "à la Capitale", pour la Pâques ou la Noël, établie tous les cinq ans, et lors de la première, nous découvrions, émerveillés, métro et tramway.

Mais, sous la dorure faite, de l'absence des intéressés, « les Parisiens », on nous dissimulait une réalité moins volumétrique et confortablement adaptée, à l'objet de transport dont on abusait, qui faisait hors période de congés, le quotidien des occupants: la surpopulation.

Je mis trente ans à m'en assurer.

Depuis peu, notre belle ville, Bordeaux, est équipée de ce bel outil qu'est le tramway, que par conscience, dès sa mise en service, je décidais d'emprunter.

Voici mon histoire, réduite au singulier car je me dois de relater en un voyage, beaucoup d'entres eux, effectués.

Ainsi, dès le quai minéral, moderne, informatisé, se décline le futur public, acteurs, voyageurs passifs, déplacés en théorie, hors nuisances, sans dangers, confortablement et avec rapidité.

La réalité se dessine tout autre, à l'ouverture des portes automatisées autant que vitrées ;

le seuil passé, de dos, tant l'endroit est bondé, un pivot à cent quatre vingt degrés est nécessaire, pour accéder à la machine à valider, située en plein-centre d'une marée humaine, supposée humaine, tant on a du mal à distinguer, les têtes, des pieds.

Car, à y regarder, de plus près, mes congénères plutôt que de s'obstruer le nez tant l'atmosphère pèse, s'introduisent dans les oreilles, des bouchons appareillés, qui diffusent, je le devine, de la variété actuelle, qui semble leur faire oublier, la bétaillère qui les déplace, d'un point A, à un point B.

Outre de ne rien leur faire entendre de leurs voisins entassés, cet accessoire nous empêche de leur adresser toute parole, ou question nécessaire à nous orienter.
Les yeux fermés, parfois munis de l'indispensable accessoire, des lunettes noires, et ainsi équipés, ils semblent flotter dans un vide pourtant plein à l'excès.

Je reviens sur l'olfactive gêne du lieu, emprunté pour me déplacer.

Il m'apparait malgré un équipement sophistiqué à renouveler l'air, que des effluves mélangées, que je décortique malgré moi même, à regret, proviennent de toutes les parties des corps, males et femelles étrangers qui m'entourent, et qui, comme sous la pression, le stress, certainement le manque d'hygiène, aussi, viennent à transpirer abondement, provoquant par la-même, ma nausée, avec beaucoup de mal, contrôlée.

... la suite à la prochaine, rame... donc, à suivre...

# Posté le mercredi 06 février 2008 16:54

Modifié le mercredi 06 février 2008 17:12

Jean, forestier bûcheron, bâtisseur demeuré.

Il fût dans un autre temps et en une autre contrée,
un forestier, bûcheron, dénommé Jean,
fort comme une bête de peine, aimant sa terre, ses arbres, sa corvée.

Son seigneur et Maître, confiant en son commis,
ignorait le domaine, traduisant ainsi,
le crédit qu'il portait à ce dernier,
dès l'instant où les stères en débit,
sonnaient comme une recette régulière,
faciles à encaisser.

Le bois, en ces temps reculés,
servait pour le chauffage et était rationné,
mais pour la gamelle aussi, cela se devait,
et les masures réclamaient plus encore,
leurs quotas de charpentes, de voliges et de volets.

Bref, le métier se portait bien et l'on était contenté,
de travailler dans le domaine,
tant le besoin était motivé.

Mais Jean trouvait la terre, bien plate à ses côtés.

Des visiteurs de passage lui parlaient de la mer,
une étrangeté,
et cela le faisait, vaguement, rêver.

Nul lacs dans cette plaine qu'il ne pouvait quitter
et seule une rivière emmenait l'eau aux usagers,
servant au transport du bois,
mais notre homme, pourtant fort, ne savait nager.

Avec le temps son obsession vint à gagner,
et domina le faible, pourtant de nature guerrière
envahi par cette vision abstraite, supposée,
d'une étendue faite liquide,
où l'on pouvait se perdre comme dans ses futées,
pour qui, comme par mégarde, se serait seul aventuré.

Ses nuits, même, étaient bercées de vagues ébauchées,
de tempêtes virtuelles et de ras de marées,
tant le malheureux dans son délire ignorant d'océans,
se noyait de ne pas connaître,
ce domaine étranger, attendu, chéri de lui, mais lui échappant.

Les gens voyaient son trouble,
passaient de côté,
« comment plaindre un homme si fortuné,
d'avoir jusqu'à son cercueil, d'assuré ! ».

Les mois passèrent, puis furent les années,
Jean devint moribond,
ses idées de mer, s'évaporèrent
mais pas ses idées noires, un avant goût des marées,
qui de mal en pire, l'engloutissaient.

Son ouvrage ne s'en ressentait guère, bien au contraire,
le pauvre bougre de l'aube au coucher, comme un forçat,
abattait, coupait, élaguait,
semblant occuper son esprit en déserrance,
en labeur, souffrance, productivité.

Tant et si bien, qu'un matin, il reçut de son Maître
une missive l'invitant à le visiter, dans une ville voisine
dont le nom même, lui était étranger.

A cette occasion, il découvrit son premier clocher.

Une bénédiction ! Une révélation, presque balnéaire !

Ainsi, l'on pouvait s'élever...
Plus haut, plus loin, encore plus haut, encore plus loin.

La visite du serviteur fut illico expédiée,
aussi vite qu'il put,
tant sa découverte récente d'un sommet, mais artificiel,
résolvait l'équation qui pendant des années,
avait meurtrie sa vie de peine,
mais en souffrance, de vrai chantier.

Et le Maître en fût surpris,
car il souhaitait par ce présent, de visite inaccoutumée,
le remercier de son bon rendement,
ainsi que de l'absence de doléances, observée de son docile sujet.

Il en conclu, trop hâtivement, que ces bougres de besogneux,
par leur carence de culture, ne savaient, pas même apprécier,
l'idée d'un congé, d'un petit voyage, avec à destination,
l'attention délicate d'un Maître comblé,
qui, sans obligation aucune,
du bout des lèvres, remerciait l'ouvrier de la tâche accomplie,
bien faite,
ce qui par nature, est anormal, dès lors que,

« l'ouvrier doit travailler, pas pour lui même, mais pour son Seigneur et Maître, en gratuité ! ».

Il se dit, pour conclure, ne plus s'encombrer et se compromettre :

« Il faudra que je garde dorénavant remembrance; distance et mesure avec ce bas peuple, ingrat et inculte, incapable à reconnaître, mon progrès ! ».

Cette graine d'altitude, cependant qui devait germer,
ne fut plus, que l'unique objet de Jean :
sa vocation, son Graal à atteindre:
déboiser, déboiser.

S'élever pour voir plus loin, s'élever, pour voir la mer...

Dès son retour, qui ne prit seulement que la moitié de l'aller,
il réfléchit au comment, au combien,
et déjà se dessinait, cet édifice de bois fait,
cette tour dominante,
qui permettrait à Jean,
d'accéder à son royaume, liquide et convoité.

Il s'éloigna de sa tanière et des préjugés
afin d'être discret dans son intention :
Les gens sont mauvais devant la nouveauté,
et "le Malin" est bien trop vite évoqué ;
la foule parle et propage, mais loin dans ma forêt,
nul ne rentre trop avant, de peur de s'y égarer ou de croiser route avec bêtes et bandits,
ou quelques druides sorciers, mal intentionnés.

Ainsi fût-dit, ainsi fût-fait.

Jean commença à abattre et à creuser ;
Il fallait que cela tienne et ne pas tomber.
S'il se lançait dans ce projet, il devait pouvoir,
tout son saoul,
profiter durablement de la vue,
et pour cela,
faire solide, comme son ossature, robuste, déterminée.

Les semaines passèrent, puis les mois.

Le chantier prenait grande forme :

Plus l'½uvre prenait de la hauteur, plus une clairière autour apparaissait.

Mais l'architecte l'ignorait ;

il regardait au large, travaillait nuit et jour, oubliant de s'alimenter,
dormant dans la cime, comme à même le sol, suivant où,
il devait s'écrouler, souvent de fatigue, épuisé.

Des voisins comme au Maître, nul ne s'inquiétait.

Le bûcheron, par habitude, disparaissait loin et longtemps en cette saison,
pour préparer les futures coupes, les accès,
et recruter pour la saison d'après.

L'édifice s'éleva tant et tant,
Que bientôt, la structure vint à manquer.

Jean devait maintenant parcourir plusieurs lieux,
en traînant des rondins imposants,
et en haut de sa vigie,
nulle étendue d'eau n'apparaissait,
sinon,
cet espace plat et laid,
clairière à perte de vue presque,
autour de son ½uvre inachevée.

« M'aurait-on menti ? » le travailleur s'interrogeait ;
cette mer si décrite avec forces détails et habileté, et si c'était mensonges ?
Trop de manants, me l'ont évoqués.
Elle existe, elle est loin :
je l'atteindrai.

Ignorant la réalité,
notre architecte improvisé, continua obstinément,
sa construction massive, si haute,
qu'à l'été,
la chaleur et la proximité du soleil,
inquiétèrent l'intéressé, s'imaginant peut-être,
comme Icare qu'il ignorait, faute d'école au prieuré,
prendre feu tel du chanvre huilé,
ruinant son édifice, ses espoirs, ses desseins d'eau salée.

Enfin il fût un jour, où, au pied de l'imposante bâtisse,
il n'y eu plus de madrier.

A perte de vue, aucun arbre.
A perte de vue, plus de forêts.
Du rien, aride, fait de souches étêtées,
plus de pitance, d'animaux, plus de voisins puisque dévastés,
jusqu'à la moindre brindille permettant d'échafauder.

Jean alors, dominant sa plaine nue,
tant de sa base qu'à son sommet,
constata avec tristesse que rien ne servait à s'élever,
que pour atteindre l'impossible rien ne sert d'éradiquer,
tout ce qui fait la vie, le bonheur, la fierté,
que l'altitude, et donc, le point de vue
d'un objectif mal dessiné,
est trop souvent,
synonyme d'échec et nombres regrets.

La morale de ce conte, ce conseil à méditer,
est d'apprécier sa condition humaine et de ne pas envier.

De protéger ce qui nous fait vivre et exister,
pour les autres et pour soit-même,
dont sa terre et son plancher,
et de n'écouter "les voyageurs" et leurs apparentes idées,
"limpides comme de l'eau claire",
qu'avec mesure, réserve et degrés très distanciés,
car pour se référer vraiment et pour conseils avisés,
il existe la famille, les amis vrais, l'expérience acquise
de l'histoire et du passé.


# Posté le mardi 05 février 2008 14:25

Modifié le jeudi 27 mars 2008 10:42

Ferret, ma tombe, dorée.

Ferret, ma tombe, dorée.
Il est le matin, tôt, frais.

Mes pieds nus, traversent silencieux, de la crème brulée, virtuelle, fraiche.
Le son est amorti, discret.
J'ai traversé la rue, depuis la maison, bateaux à la main.
J'emprunte le chemin qui mène à ma tombe, demain, plus tard.

Je m'élève, la dune est moins raide.
Le vent fait encore son effet.
Je domine un miroir, le ciel s'y reflète, azur.
Je prends le temps.
Chaque fois, je crois cette dernière, heure, arrivée.

Mais chaque année, je reproduis le rite.

Ma descente est lente, appliquée.
Citer la faune dunaire, panicaut des mers, chardons et gourbets.
C'est beau, personne, silences, je vais bien.
Ce lieu m'appartient.

La plage encombrée de bois flottant, de produits de la mer, m'accueille.
Elle se fend sur mes pieds qui pénètrent le sable, humide, déformé sous mon poids.
Mon corps s'adapte, nulle fraicheur ;
pour un peu, j'irai nager.

Mai en février.

Un long moment, je pose mes fesses.
Le soleil sur mon visage, soins intérieur, santé.
L'air est vif, salé, iodé.

Mes ourlets de jean sont lourds de sable, mon c½ur léger.
Le temps est une valeur aléatoire, ici ;
l'échelle est différente, souvenirs associés, en ce lieu vierge, abouti.

Un besoin mobile, je cherche à rejoindre la Pointe, lentement toujours,
les blocaus engloutis presque, apparaissent.

Je n'irais pas plus loin, après la vie reprend, les hommes.
Je refais dans mes pas effacés à demi, le chemin, le soleil dans les épaules.

Pause.

Puis, le retour, pas à pas, pas trop vite ;
profiter, surtout profiter, de l'instant,
juste un instantané.

Je vois le phare, je suis au sommet.
Je domine la presqu'ile, le bassin à mes pieds, au loin la cité, Arcachon.
Je suis en territoire nature; confidentiel.
Au sol les traces récentes d'un sanglier.

Je vis, je respire, au loin la cheminée fume et le miroir face à l'entrée,
me renverra mon image sereine, saine, apaisée.

Le bois d'arbousier dans l'âtre crépite.
Je suis au Cap Ferret, avenue de l'Atlantique,
tu es là, au près.
C'est bien.

Rien n'est à vendre, rien n'est à louer.
Je crois que je vais rester.

Seulement si tu le veux bien,
seulement.

# Posté le vendredi 01 février 2008 16:48

Modifié le lundi 03 mars 2008 11:01

Goutte et Perle, d'ô.

Goutte et Perle, dô.

Marie dô est une amie.

Ses jumelles, Goutte et Perle ont vingt ans.
Sublimes identiques, impossible de distinguer,
à qui je m'adresse, véritablement.

Je ruse, je dissimule mon doute.
J'évite d'interpeller.
Je repère le bijou, différent, de préférence durable,
car la fantaisie dans ce domaine, s'échange, en prêt.

Je tente de lire sur leurs visages, des singularités,
mais les témoins s'interrogent sur mes m½urs,
dissocier l'une de l'autre, je fatigue,
je n'ai plus vingt ans.

Depuis peu, un bonheur ; du répit.
Les belles, sont dorénavant attachées
à deux amants.

Sous les yeux, depuis des années, j'avais la solution.
Encore fallait-il, leur age de raison,
pour convoler légales,
et me permettre de souffler,
distinguer Goutte de Perle,
en couple,
mon bonheur est fait.

# Posté le vendredi 01 février 2008 11:54

Géométrie, variable...

Le rond et le carré ; ou l'inverse.

Saint Pierre semblait un juge en humeur de bonté.
Ses chaussures étaient strictes, austères, mais de bon ton et respiraient la qualité.
Ses adjointes, jolies, jupes droites, étaient élégantes mais gênées.
Il m'était reproché, tout au long de ma vie, d'avoir été carré.
Naturellement, dans un monde rond c'était mal approprié.

Je me défendais, au début, en précisant que l'on aurait pu m'alerter ; m'envoyer un ange, un signal, une bouée.
Même mon avocat pourtant bien rémunéré, essaya d'orienter les débats, géométriquement:
techniquement déplacé.
Mais, dans un moule rond, ne rentre pas un carré.

J'aspirais au derrière de ce passage circulaire, m'imaginait un futur plus confortable et convoité, un paradis en somme, une liberté.

Enfin, dis-je :

« Monsieur Le Juge, n'avez-vous pas vu les efforts que j'ai fais, tout au long de ma vie ? »
« Cette usure quotidienne à m'arrondir les angles, afin de pénétrer votre monde rond et parfait ? »
Rien à faire :
On ne retenait de moi, que ce point pourtant rond, mais dont on m'accusait :
« Notre rondeur se blesse sur vos angles et l'on s'érafle à vous fréquenter. »
C'était clair, on voulait ma mort, rondement, sans délai.

J'essayais de négocier ma peine, gagner du temps, dissimuler mes pointes avec habileté.
Prétendre qu'avec le temps, elles s'émousseraient.
Que le poids en vieillissant, me déformerait.
Que le regard des personnes, parfois, pouvait-être, altéré.
Dernière tentative, aborder la quadrature du cercle ; je m'enfonçais.

Rien n'y fit :
Le jury délibéra et je fus condamné : à choisir entre deux peines :
Soit, je m'amputais des extrêmes, soit je disparaissais.
La peine était sévère, sans appel, disproportionnée.

Dans la douleur, je contemplais mes pointes, vives, affutées.
J'imaginais ma tête sans ces dernières, complexée.
Si je vivais dans un cube, nul problème ne se poserait, mais dans une sphère, j'étais l'étranger.
Je décidais donc de disparaitre, avec classe, dignité.

Je poussais donc sur mes extrêmes avec force habileté,
décidé à me transformer en ligne droite, raide, dirigée.
J'y parviens avec peine, satisfait.
Transformé en barre, temporairement, je disparaissais,
traversant de ma longueur l'orifice convoité,
me fondant dans ce monde de boulets, d'ignorants,
pour un temps seulement, car encore, différent.

Pour ma part, j'ai pu garder mon identité rectiligne, ne pas vendre mon âme, ni mes idées ;
Je sais qu'ils reviendront me poursuivre, car je suis un chemin différent de la vérité, non un cercle fermé qui tourne sur lui-même, au contraire de moi, qui sais où je vais.

De la boule ou du carré, l'important est de rester soit même, au risque de retarder un peu, son entrée au paradis, à un monde presque uniforme, parfait...

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# Posté le mercredi 30 janvier 2008 17:21

Modifié le mardi 12 février 2008 09:04

Pilou et Philippine.

Pilou le chat tigré, en campagne furtive,
s'égara près d'un lac,
à portée d'une truite, échouée.

Philippine, une loutre maligne,
par l'odeur alléchée,
tomba truffe à truffe, avec le félidé.

Un instant sur la défensive, les deux prédateurs intrigués,
s'observèrent à la jauge,
de qui l'emporterait, le dernier.

La raison est bonne conseillère, et ils décidèrent prudents,
de partager équitablement, l'opportune denrée.

Mastiquant la chair tendre, Pilou tigré, s'inquiéta le premier :

« Loutre Philippine, tu es mon miroir mouillé ! »

« Je sais, dit-elle ironique, je suis un peu ton portrait craché !
Mon museau, mes petites oreilles, mes dents acérées, tout en moi est chat : »
« mes yeux, mes moustaches, mes pattes aiguisées. »

« C'est vrai », reconnu Pilou chat tigré :
« je suis curieux des poches vides, des sacs entre-baillés,
et toi à l'identique, des cavernes sous-marines, des trous secrets. »
« Je poursuis les souris, les papillons et mes congénères,
et tu chasses dans les forêts de keltes, le poisson vif, les araignées, et même, des mammifères.
Mes jeux sont ludiques, sur le dos je peux rester, et je dors ignorant les matines comme les nuitées ! »

« Peut-être serons nous, un jour, en l'autre, réincarnés ?»
suggéra Philippine...

Un frisson longitudinal, traversa l'échine de Pilou, apeuré.
L'idée de finir en loutre aquatique, de baigner nuit et jour dans un liquide glacé,
c'en fut trop, qu'elle idée !

Plutôt finir souris, musaraigne, volatile, chat castré !

Sur le champ,
il abandonna sa pitance à Philippine,
se promettant dans l'instant, d'oublier,
sa rencontre, son contenu, jusqu'à l'idée suggérée,
de se voir amphibie, un jour, ressuscité...

On raconte que depuis, aux abords du lac, certains soirs à la veillée,
Philippine et ses copines, se gaussent, sur le dos, ventres déployés,
de l'histoire d'un chat gourmant, égaré,
par les propos d'une coquine menteuse,
décidée à conserver,
coûte que coûte, son déjeuner, entier.
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# Posté le mardi 29 janvier 2008 10:51

Modifié le jeudi 06 mars 2008 08:15