¤ révolution.

¤ révolution.

Et s'il fallait se battre, forcément, sans détours,
si le dos au mur, quotidien nécessaire,
devenait notre lot, de survie à rebours.

Cette formule associée, mensongère,
du « pouvoir d'achat »,
cette hypocrisie à ne pas reconnaître,
à feindre aujourd'hui, d'aller à la découverte,
que l'on crève à bosser, à vivre à crédit,
trahison, complices, la presse.

S'étonner d'une vérité publique
dans un monde de richesse,
où le caddy pèse plus lourd que la sueur de sa peine,
à gagner l'essentiel à ignorer l'agréable,
on nous promet plus la guerre,
mais la faillite sociale.

A vivre plus dur une existence de misère,
à se loger en coloc à manger de la merde,
à bosser sur des plateaux, des hot-line éphémères,
nos enfants sont armés à faire la prochaine,
¤ révolution, alimentaire...
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# Postato martedì 04 marzo 2008 04:37

Guitare mon étai...

Elle est ma canne, ma béquille,
de bois précieux,
de verni, contraire au mien.

Ses années l'ont bonifiée,
elle en sonne autrement plus juste, plus chaude,
à l'inverse.

Sa table, empreinte de mes doigts,
son manche, où se sont égarés mes accords,
indulgent instrument féminin,
partenaire de mes nuits et jours, sobres et moins,
de mon blues sombre et gai, au choix des périodes de l'année,
compagne obligée de mon chemin,
cachée dans l'écrin, de velours, préservée.

Mes voyages, nos années,
témoin passé, mon petit s'approprie la chose, l'objet,
mission accomplie,
le relai est fait.

Le bâton du "Berger"...
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# Postato sabato 23 febbraio 2008 10:29

Alors très fort, je vis.

L'idée que je me fais,
de moi,
ce regard à moitié du chemin supposé,
que je pose,
du verre mi-plein au liquide évaporé,
que je porte,
fardeau.

Qu'ai-je gagné, à tant avoir perdu.

Vigueur, passions, envies, mémoire,
contre,
cheveux absents et blancs,
sagesse et calme.

Le miroir ami à l'endroit juste,
la lumière complice,
la vue affaiblie, ce, pratique,
le profil désigné, dérobade du vrai.

Nul regret de jeunesse,
j'ai payé,
j'ai appris,
j'ai compris.

Mais qu'en fais-je,
l'offrir à ceux que j'aime,
pour cadeau à se faire peur, d'avance apprendre la vie,
non merci.

Alors, très fort,
je vis,

malgré, l'idée que je me fais de moi, ce regard à moitié (...) ...

# Postato venerdì 22 febbraio 2008 12:13

Conduites addictives.

Conduites addictives.

Un demi, un quart, une fillette.
Une mousse, une seize, un panaché.
Un prozac, une aspirine, une cloppe, un café.
Un lexo, un ballon, une coupette, un tiercé.

Bandit manchot, tables de jeux, rapido, cartes à gratter.

Des dessous, de beaux seins, du latex, godemichet.

Poudres blanches, dans le nez, en perf, à fumer,
extasie, comprimés, une entrave, des menottes, un fouet.

Un couin-couin, un pommeau, érigé, prétentieux.

Un bas, un haut dissimulé,
ton cou, ton corps, effleuré.

Mon manque, de toi, toujours, tes lèvres,
dans ton dos, épousé, mon alcôve.

Je, nous, ils, tous, elles, espérons,
addictions interdites, défendues, douloureuses,
J'ai eu, j'ai, mal,
pas cicatrisé.



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# Postato giovedì 21 febbraio 2008 17:26

Ma Présidente.

Elle est de celles que l'on distingue.

Je sais peu d'elle.
Rarement, confidences distillées,
elle est discrète,
comme le mystère de nos sept années.

Je ne sais rien de ses jeux, compagnons, conquêtes,
ni de son passé, ses amoureux,
experte et maître de l'esquive, des pirouettes,
lorsque le sujet dérange,
et n'intéresse, qu'elle et eux.

Elle a ce port de la toilette,
d'un autre temps, plus fastueux,
ce noir et blanc retouché au pastel,
des films d'Hitchcock, d'Orson Welles,
des actrices légendaires,
passions et doubles-jeux.

La pellicule argentique aime ce modèle,
ses portraits sont délicieux.

Elle est d'une année érotique de fin de millénaire,
et libraire d'une institution plus que centenaire,
d'où peut-être,
ce temps suspendu,
dans son allure et son certain caractère.

Demain, c'est son anniversaire,
souhaitez-lui, avec des mots, des fleurs éternelles,
choisissez ceux ou celles,
qui lui conviendraient le mieux,
la troubleraient, peut-être,
faisant de ce jour de fête,
Cécile, en bonheur radieux.

Tes amis t'aiment.
12/02/2008
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# Postato lunedì 11 febbraio 2008 10:32

Modificato martedì 12 febbraio 2008 04:29

L'espoir fait (sur)vivre.

Et même si,
je t'offrais la planète
je te décrochais la lune,
ta peau de porcelaine, tes yeux qui sur moi passent,
ta bouche sensuelle,
rien de toi, je ne gouterai.

Et même si,
mes nuits sombres,
de phantasmes, handicapées,
de rêves extrêmes à m'imaginer,
recevoir de toi, un seul et un unique baisé.

Et même si,
j'attends, j'espère,
je t'attends, en peine, de savoir,
d'espérer pourtant une merveille,
du hasard, de la chance,
de passage égarés.

Et si même, et si même...
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# Postato sabato 09 febbraio 2008 08:43

Modificato lunedì 11 febbraio 2008 10:36

Plume affutée.

Une grue cendrée grande prêtresse,
et un petit canard boiteux.


Une grue cendrée règne sur un lac de Finlande.

Sur son peuple conquis tant son pouvoir semble grand,
elle fait régner la terreur, de sa beauté éphémère,
son sens de la répartie, son agressivité naturelle,
sa nonchalance travaillée,
de l'idée de ce qu'elle suppose être,
ses congénères.

Un port de tête altier, de longues pattes souveraines,
notre échassier dominante, tout du long des saisons,
devant une cour pléthorique, s'affaire,
conduisant ses sujets, le Roi, malléable,
de savoir ce qu'elle sait,
elle est, incontournable.

Elle s'entretient énergiquement et cela la distingue,
de ses congénères ailées, les plus faibles.

De son long cou fort beau,
dominé par une tête bien faite,
elle asservie avec aisance,
males et femelles.

Aucune extravagance tapageuse sur sa robe cendrée,
mais du bon goût, de l'originalité,
de grands classiques revisités,
tout en nuance et finesse.

Uniquement baguée à une patte, d'un bijou singulier,
elle revendique fièrement,
l'anneau qui seul la lie,
au volatile, qui partage son nid.

De cette alliance réfléchie, naîtra souhaitée Vipérine,
sûrement aussi jolie que notre souveraine,
duveteuse et tendre, rigoureusement élevée,
elle ressemblera à son modèle,
au terme du contenu des leçons dispensées.

Mais aujourd'hui, notre grue commande,
anticipe, provoque, dénonce,
et de fait, la colonie assiégée,
subit et peine,
à prévenir les prochains coups de becs, d'ongles,
affûtés, précis, au regard de ses yeux,
pourtant si beaux, si bleus.

On pourrait l'aimer autant que l'on pourrait la craindre,
mais en son très fond intérieur,
elle n'attend rien,
ni l'un, ni son contraire.

Avec le temps, son mépris de ceux,
de qui, elle se diffère,
ceux, dont l'ambition est moins grande à faire la guerre,
deviennent ses instruments, subissent ses colères.

Elle se partage au quotidien en jeux gratuits
et vengeances personnelles,
certainement motivée par des douleurs passées,
une mémoire de jeunesse,
que l'on peu supposer, peu cendrée, pas ordinaire.

Elle entretient avec ces jouets, des relations grégaires,
martyrs après avoir été charmés,
obligés à lui plaire,
ce dont, naturellement, elle se soucis peu,
elle s'en indiffère.

Certains craquent et quittent le lieu,
d'autres se dissimulent ou disparaissent,
les derniers usés d'avoir luttés,
la plume triste, le cou en berne,
ignorent la souveraine, comme leur condition
laissant la temporairement belle,
occuper les positions,
veiller à toutes dispositions,
qui lui semblent être, nécessaires.

Bel oiseau, moi qui patauge en frontière de ton marais,
loin du centre et de ton cercle de jeu,
pour qui cela intéresse,
la mémoire des grues,
est loin d'être celle, des belettes...

Lorsque le temps sera venu, où désarmée,
et sans celle absolue, qui t'as faite,
devant ces contrariées, motivées à te défaire,
il est à craindre d'un soucis,
pour les tiens et leurs affaires.

L'avantage de la laideur, sur la beauté,
est que la première est éternelle,
la seconde passagère,
et que si l'on utilise cette grâce,
ce don de dieu, à nuire à ses congénères,
ils risquent de s'offusquer,
et rendre coups d'aile, pour coups d'aile,
par des intermédiaires aussi peu vertueux,
que tes actes, sur cette terre.

Contrairement à moi, petit canard boiteux,
spectateur ignoré de ta sphère,
mais analyste consciencieux,
d'une belle grue cendrée, grande prêtresse,
à qui je reconnais un tempérament de feu,
et de superbes yeux clairs,
mais un c½ur, pareil à de la pierre,
malheureusement handicap majeur,
aux longs vols heureux
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# Postato venerdì 08 febbraio 2008 17:47

Modificato lunedì 11 febbraio 2008 11:36

Printemps joli.

Allez donc, v'la l'printemps !

L'herbe y pousse, l'pigeons roucoulent,
les gens, mêm'sans dents, y sourient.

V'la t'y pas, qu'le voisin Gaston,
s'baigne au moulin,
j'lavais point vu d'puis les moissons,
avec d'l'eau et un chiffon !

L'goret y s'en fout, des saisons,
mêm qu'il a 'ssayé, d'me mordre le jambon,
pas plus tard qu'hier,
l'a pris mon pied dans les roustons.

Et la Marie, ah..., la Marie,
Qu'est t'jours belle, de toute façon
j'lui causerai bien, mouais,
j'lui montrerai des choses belles,
dissimulées en c'te saison.

J'l'emmènerai à la bute aux cerfs,
où c't'animaux braillent comme des cons,
pour plaire à leurs belles,
et plus, si affection.

J'lui décrocherai ben l'ciel, bordel,
si j'tais beau, comme les lardons,
du notaire ou d'l'apothicaire,
y'a pas d'justice, dans ce canton.

Alors tiens, j'm'en va boire un verre,
ou deux ; y'a pas d'raison.

L'printemps c'est fait aussi pour les bouseux,
z'ont pareil d'la sève, pardis,
et mêm qu'nous z'autres, comme on est vert,
paraît qu'elle monte à l'unisson,
pareil à c'te pauv bête, l'cabo,
qui braille tout du long.

Enfin, j'me rentre,
moi l'printemps, ça m'fout l'bourdon.

J'va finir ma bouteille,
la gnole, ça soigne tout, et pis c'est bon !

Vin dieu, c'est'y pas malheureux,
d'boire seul en c'te saison,
c't'un coup à s'prendre au chêne,
d'vant l'perron,
ou se j'ter com une pierre,
au fond du puits, comme un couillon.

Tiens,
vivement l'prochain hiver !

# Postato venerdì 08 febbraio 2008 11:57

Modificato martedì 26 agosto 2008 08:13

Tranche de tramway, Bordelais.

En bon provincial, je ne connaissais des transports en commun, que le bus me permettant de me rendre au lycée, et à défaut, de m'en ramener.
Ce dernier, à l'époque, archaïque, souffrait d'une absence d'options, naturelle et de circonstance, au milieu de ces années soixante dix.

Nous ouvrions les vitres, faute de climatisation; le conducteur compostait les titres de transports, nous demandions notre arrêt, ce dernier nous ouvrait la porte, à l'aide d'une barre de renvoie, articulée.
Chacun était dans son rôle, transporteur comme transportés.
En commun, inconfortablement installés.

Les nuisances étaient sonores, douloureuses aux lombaires et induisaient une nécessité et une adresse absolue à s'agripper, à des anneaux en cuir, en mouvements perpétuels, ou des barres d'acier, pas encore chromées.

La visite traditionnelle en nos familles ouvrières, "à la Capitale", pour la Pâques ou la Noël, établie tous les cinq ans, et lors de la première, nous découvrions, émerveillés, métro et tramway.

Mais, sous la dorure faite, de l'absence des intéressés, « les Parisiens », on nous dissimulait une réalité moins volumétrique et confortablement adaptée, à l'objet de transport dont on abusait, qui faisait hors période de congés, le quotidien des occupants: la surpopulation.

Je mis trente ans à m'en assurer.

Depuis peu, notre belle ville, Bordeaux, est équipée de ce bel outil qu'est le tramway, que par conscience, dès sa mise en service, je décidais d'emprunter.

Voici mon histoire, réduite au singulier car je me dois de relater en un voyage, beaucoup d'entres eux, effectués.

Ainsi, dès le quai minéral, moderne, informatisé, se décline le futur public, acteurs, voyageurs passifs, déplacés en théorie, hors nuisances, sans dangers, confortablement et avec rapidité.

La réalité se dessine tout autre, à l'ouverture des portes automatisées autant que vitrées ;

le seuil passé, de dos, tant l'endroit est bondé, un pivot à cent quatre vingt degrés est nécessaire, pour accéder à la machine à valider, située en plein-centre d'une marée humaine, supposée humaine, tant on a du mal à distinguer, les têtes, des pieds.

Car, à y regarder, de plus près, mes congénères plutôt que de s'obstruer le nez tant l'atmosphère pèse, s'introduisent dans les oreilles, des bouchons appareillés, qui diffusent, je le devine, de la variété actuelle, qui semble leur faire oublier, la bétaillère qui les déplace, d'un point A, à un point B.

Outre de ne rien leur faire entendre de leurs voisins entassés, cet accessoire nous empêche de leur adresser toute parole, ou question nécessaire à nous orienter.
Les yeux fermés, parfois munis de l'indispensable accessoire, des lunettes noires, et ainsi équipés, ils semblent flotter dans un vide pourtant plein à l'excès.

Je reviens sur l'olfactive gêne du lieu, emprunté pour me déplacer.

Il m'apparait malgré un équipement sophistiqué à renouveler l'air, que des effluves mélangées, que je décortique malgré moi même, à regret, proviennent de toutes les parties des corps, males et femelles étrangers qui m'entourent, et qui, comme sous la pression, le stress, certainement le manque d'hygiène, aussi, viennent à transpirer abondement, provoquant par la-même, ma nausée, avec beaucoup de mal, contrôlée.

... la suite à la prochaine, rame... donc, à suivre...

# Postato mercoledì 06 febbraio 2008 16:54

Modificato mercoledì 06 febbraio 2008 17:12

Jean, forestier bûcheron, bâtisseur demeuré.

Il fût dans un autre temps et en une autre contrée,
un forestier, bûcheron, dénommé Jean,
fort comme une bête de peine, aimant sa terre, ses arbres, sa corvée.

Son seigneur et Maître, confiant en son commis,
ignorait le domaine, traduisant ainsi,
le crédit qu'il portait à ce dernier,
dès l'instant où les stères en débit,
sonnaient comme une recette régulière,
faciles à encaisser.

Le bois, en ces temps reculés,
servait pour le chauffage et était rationné,
mais pour la gamelle aussi, cela se devait,
et les masures réclamaient plus encore,
leurs quotas de charpentes, de voliges et de volets.

Bref, le métier se portait bien et l'on était contenté,
de travailler dans le domaine,
tant le besoin était motivé.

Mais Jean trouvait la terre, bien plate à ses côtés.

Des visiteurs de passage lui parlaient de la mer,
une étrangeté,
et cela le faisait, vaguement, rêver.

Nul lacs dans cette plaine qu'il ne pouvait quitter
et seule une rivière emmenait l'eau aux usagers,
servant au transport du bois,
mais notre homme, pourtant fort, ne savait nager.

Avec le temps son obsession vint à gagner,
et domina le faible, pourtant de nature guerrière
envahi par cette vision abstraite, supposée,
d'une étendue faite liquide,
où l'on pouvait se perdre comme dans ses futées,
pour qui, comme par mégarde, se serait seul aventuré.

Ses nuits, même, étaient bercées de vagues ébauchées,
de tempêtes virtuelles et de ras de marées,
tant le malheureux dans son délire ignorant d'océans,
se noyait de ne pas connaître,
ce domaine étranger, attendu, chéri de lui, mais lui échappant.

Les gens voyaient son trouble,
passaient de côté,
« comment plaindre un homme si fortuné,
d'avoir jusqu'à son cercueil, d'assuré ! ».

Les mois passèrent, puis furent les années,
Jean devint moribond,
ses idées de mer, s'évaporèrent
mais pas ses idées noires, un avant goût des marées,
qui de mal en pire, l'engloutissaient.

Son ouvrage ne s'en ressentait guère, bien au contraire,
le pauvre bougre de l'aube au coucher, comme un forçat,
abattait, coupait, élaguait,
semblant occuper son esprit en déserrance,
en labeur, souffrance, productivité.

Tant et si bien, qu'un matin, il reçut de son Maître
une missive l'invitant à le visiter, dans une ville voisine
dont le nom même, lui était étranger.

A cette occasion, il découvrit son premier clocher.

Une bénédiction ! Une révélation, presque balnéaire !

Ainsi, l'on pouvait s'élever...
Plus haut, plus loin, encore plus haut, encore plus loin.

La visite du serviteur fut illico expédiée,
aussi vite qu'il put,
tant sa découverte récente d'un sommet, mais artificiel,
résolvait l'équation qui pendant des années,
avait meurtrie sa vie de peine,
mais en souffrance, de vrai chantier.

Et le Maître en fût surpris,
car il souhaitait par ce présent, de visite inaccoutumée,
le remercier de son bon rendement,
ainsi que de l'absence de doléances, observée de son docile sujet.

Il en conclu, trop hâtivement, que ces bougres de besogneux,
par leur carence de culture, ne savaient, pas même apprécier,
l'idée d'un congé, d'un petit voyage, avec à destination,
l'attention délicate d'un Maître comblé,
qui, sans obligation aucune,
du bout des lèvres, remerciait l'ouvrier de la tâche accomplie,
bien faite,
ce qui par nature, est anormal, dès lors que,

« l'ouvrier doit travailler, pas pour lui même, mais pour son Seigneur et Maître, en gratuité ! ».

Il se dit, pour conclure, ne plus s'encombrer et se compromettre :

« Il faudra que je garde dorénavant remembrance; distance et mesure avec ce bas peuple, ingrat et inculte, incapable à reconnaître, mon progrès ! ».

Cette graine d'altitude, cependant qui devait germer,
ne fut plus, que l'unique objet de Jean :
sa vocation, son Graal à atteindre:
déboiser, déboiser.

S'élever pour voir plus loin, s'élever, pour voir la mer...

Dès son retour, qui ne prit seulement que la moitié de l'aller,
il réfléchit au comment, au combien,
et déjà se dessinait, cet édifice de bois fait,
cette tour dominante,
qui permettrait à Jean,
d'accéder à son royaume, liquide et convoité.

Il s'éloigna de sa tanière et des préjugés
afin d'être discret dans son intention :
Les gens sont mauvais devant la nouveauté,
et "le Malin" est bien trop vite évoqué ;
la foule parle et propage, mais loin dans ma forêt,
nul ne rentre trop avant, de peur de s'y égarer ou de croiser route avec bêtes et bandits,
ou quelques druides sorciers, mal intentionnés.

Ainsi fût-dit, ainsi fût-fait.

Jean commença à abattre et à creuser ;
Il fallait que cela tienne et ne pas tomber.
S'il se lançait dans ce projet, il devait pouvoir,
tout son saoul,
profiter durablement de la vue,
et pour cela,
faire solide, comme son ossature, robuste, déterminée.

Les semaines passèrent, puis les mois.

Le chantier prenait grande forme :

Plus l'½uvre prenait de la hauteur, plus une clairière autour apparaissait.

Mais l'architecte l'ignorait ;

il regardait au large, travaillait nuit et jour, oubliant de s'alimenter,
dormant dans la cime, comme à même le sol, suivant où,
il devait s'écrouler, souvent de fatigue, épuisé.

Des voisins comme au Maître, nul ne s'inquiétait.

Le bûcheron, par habitude, disparaissait loin et longtemps en cette saison,
pour préparer les futures coupes, les accès,
et recruter pour la saison d'après.

L'édifice s'éleva tant et tant,
Que bientôt, la structure vint à manquer.

Jean devait maintenant parcourir plusieurs lieux,
en traînant des rondins imposants,
et en haut de sa vigie,
nulle étendue d'eau n'apparaissait,
sinon,
cet espace plat et laid,
clairière à perte de vue presque,
autour de son ½uvre inachevée.

« M'aurait-on menti ? » le travailleur s'interrogeait ;
cette mer si décrite avec forces détails et habileté, et si c'était mensonges ?
Trop de manants, me l'ont évoqués.
Elle existe, elle est loin :
je l'atteindrai.

Ignorant la réalité,
notre architecte improvisé, continua obstinément,
sa construction massive, si haute,
qu'à l'été,
la chaleur et la proximité du soleil,
inquiétèrent l'intéressé, s'imaginant peut-être,
comme Icare qu'il ignorait, faute d'école au prieuré,
prendre feu tel du chanvre huilé,
ruinant son édifice, ses espoirs, ses desseins d'eau salée.

Enfin il fût un jour, où, au pied de l'imposante bâtisse,
il n'y eu plus de madrier.

A perte de vue, aucun arbre.
A perte de vue, plus de forêts.
Du rien, aride, fait de souches étêtées,
plus de pitance, d'animaux, plus de voisins puisque dévastés,
jusqu'à la moindre brindille permettant d'échafauder.

Jean alors, dominant sa plaine nue,
tant de sa base qu'à son sommet,
constata avec tristesse que rien ne servait à s'élever,
que pour atteindre l'impossible rien ne sert d'éradiquer,
tout ce qui fait la vie, le bonheur, la fierté,
que l'altitude, et donc, le point de vue
d'un objectif mal dessiné,
est trop souvent,
synonyme d'échec et nombres regrets.

La morale de ce conte, ce conseil à méditer,
est d'apprécier sa condition humaine et de ne pas envier.

De protéger ce qui nous fait vivre et exister,
pour les autres et pour soit-même,
dont sa terre et son plancher,
et de n'écouter "les voyageurs" et leurs apparentes idées,
"limpides comme de l'eau claire",
qu'avec mesure, réserve et degrés très distanciés,
car pour se référer vraiment et pour conseils avisés,
il existe la famille, les amis vrais, l'expérience acquise
de l'histoire et du passé.


# Postato martedì 05 febbraio 2008 14:25

Modificato giovedì 27 marzo 2008 10:42