Ferret, ma tombe, dorée.

Ferret, ma tombe, dorée.
Il est le matin, tôt, frais.

Mes pieds nus, traversent silencieux, de la crème brulée, virtuelle, fraiche.
Le son est amorti, discret.
J'ai traversé la rue, depuis la maison, bateaux à la main.
J'emprunte le chemin qui mène à ma tombe, demain, plus tard.

Je m'élève, la dune est moins raide.
Le vent fait encore son effet.
Je domine un miroir, le ciel s'y reflète, azur.
Je prends le temps.
Chaque fois, je crois cette dernière, heure, arrivée.

Mais chaque année, je reproduis le rite.

Ma descente est lente, appliquée.
Citer la faune dunaire, panicaut des mers, chardons et gourbets.
C'est beau, personne, silences, je vais bien.
Ce lieu m'appartient.

La plage encombrée de bois flottant, de produits de la mer, m'accueille.
Elle se fend sur mes pieds qui pénètrent le sable, humide, déformé sous mon poids.
Mon corps s'adapte, nulle fraicheur ;
pour un peu, j'irai nager.

Mai en février.

Un long moment, je pose mes fesses.
Le soleil sur mon visage, soins intérieur, santé.
L'air est vif, salé, iodé.

Mes ourlets de jean sont lourds de sable, mon c½ur léger.
Le temps est une valeur aléatoire, ici ;
l'échelle est différente, souvenirs associés, en ce lieu vierge, abouti.

Un besoin mobile, je cherche à rejoindre la Pointe, lentement toujours,
les blocaus engloutis presque, apparaissent.

Je n'irais pas plus loin, après la vie reprend, les hommes.
Je refais dans mes pas effacés à demi, le chemin, le soleil dans les épaules.

Pause.

Puis, le retour, pas à pas, pas trop vite ;
profiter, surtout profiter, de l'instant,
juste un instantané.

Je vois le phare, je suis au sommet.
Je domine la presqu'ile, le bassin à mes pieds, au loin la cité, Arcachon.
Je suis en territoire nature; confidentiel.
Au sol les traces récentes d'un sanglier.

Je vis, je respire, au loin la cheminée fume et le miroir face à l'entrée,
me renverra mon image sereine, saine, apaisée.

Le bois d'arbousier dans l'âtre crépite.
Je suis au Cap Ferret, avenue de l'Atlantique,
tu es là, au près.
C'est bien.

Rien n'est à vendre, rien n'est à louer.
Je crois que je vais rester.

Seulement si tu le veux bien,
seulement.

# Postato venerdì 01 febbraio 2008 16:48

Modificato lunedì 03 marzo 2008 11:01

Goutte et Perle, d'ô.

Goutte et Perle, dô.

Marie dô est une amie.

Ses jumelles, Goutte et Perle ont vingt ans.
Sublimes identiques, impossible de distinguer,
à qui je m'adresse, véritablement.

Je ruse, je dissimule mon doute.
J'évite d'interpeller.
Je repère le bijou, différent, de préférence durable,
car la fantaisie dans ce domaine, s'échange, en prêt.

Je tente de lire sur leurs visages, des singularités,
mais les témoins s'interrogent sur mes m½urs,
dissocier l'une de l'autre, je fatigue,
je n'ai plus vingt ans.

Depuis peu, un bonheur ; du répit.
Les belles, sont dorénavant attachées
à deux amants.

Sous les yeux, depuis des années, j'avais la solution.
Encore fallait-il, leur age de raison,
pour convoler légales,
et me permettre de souffler,
distinguer Goutte de Perle,
en couple,
mon bonheur est fait.

# Postato venerdì 01 febbraio 2008 11:54

Géométrie, variable...

Le rond et le carré ; ou l'inverse.

Saint Pierre semblait un juge en humeur de bonté.
Ses chaussures étaient strictes, austères, mais de bon ton et respiraient la qualité.
Ses adjointes, jolies, jupes droites, étaient élégantes mais gênées.
Il m'était reproché, tout au long de ma vie, d'avoir été carré.
Naturellement, dans un monde rond c'était mal approprié.

Je me défendais, au début, en précisant que l'on aurait pu m'alerter ; m'envoyer un ange, un signal, une bouée.
Même mon avocat pourtant bien rémunéré, essaya d'orienter les débats, géométriquement:
techniquement déplacé.
Mais, dans un moule rond, ne rentre pas un carré.

J'aspirais au derrière de ce passage circulaire, m'imaginait un futur plus confortable et convoité, un paradis en somme, une liberté.

Enfin, dis-je :

« Monsieur Le Juge, n'avez-vous pas vu les efforts que j'ai fais, tout au long de ma vie ? »
« Cette usure quotidienne à m'arrondir les angles, afin de pénétrer votre monde rond et parfait ? »
Rien à faire :
On ne retenait de moi, que ce point pourtant rond, mais dont on m'accusait :
« Notre rondeur se blesse sur vos angles et l'on s'érafle à vous fréquenter. »
C'était clair, on voulait ma mort, rondement, sans délai.

J'essayais de négocier ma peine, gagner du temps, dissimuler mes pointes avec habileté.
Prétendre qu'avec le temps, elles s'émousseraient.
Que le poids en vieillissant, me déformerait.
Que le regard des personnes, parfois, pouvait-être, altéré.
Dernière tentative, aborder la quadrature du cercle ; je m'enfonçais.

Rien n'y fit :
Le jury délibéra et je fus condamné : à choisir entre deux peines :
Soit, je m'amputais des extrêmes, soit je disparaissais.
La peine était sévère, sans appel, disproportionnée.

Dans la douleur, je contemplais mes pointes, vives, affutées.
J'imaginais ma tête sans ces dernières, complexée.
Si je vivais dans un cube, nul problème ne se poserait, mais dans une sphère, j'étais l'étranger.
Je décidais donc de disparaitre, avec classe, dignité.

Je poussais donc sur mes extrêmes avec force habileté,
décidé à me transformer en ligne droite, raide, dirigée.
J'y parviens avec peine, satisfait.
Transformé en barre, temporairement, je disparaissais,
traversant de ma longueur l'orifice convoité,
me fondant dans ce monde de boulets, d'ignorants,
pour un temps seulement, car encore, différent.

Pour ma part, j'ai pu garder mon identité rectiligne, ne pas vendre mon âme, ni mes idées ;
Je sais qu'ils reviendront me poursuivre, car je suis un chemin différent de la vérité, non un cercle fermé qui tourne sur lui-même, au contraire de moi, qui sais où je vais.

De la boule ou du carré, l'important est de rester soit même, au risque de retarder un peu, son entrée au paradis, à un monde presque uniforme, parfait...

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# Postato mercoledì 30 gennaio 2008 17:21

Modificato martedì 12 febbraio 2008 09:04

Pilou et Philippine.

Pilou le chat tigré, en campagne furtive,
s'égara près d'un lac,
à portée d'une truite, échouée.

Philippine, une loutre maligne,
par l'odeur alléchée,
tomba truffe à truffe, avec le félidé.

Un instant sur la défensive, les deux prédateurs intrigués,
s'observèrent à la jauge,
de qui l'emporterait, le dernier.

La raison est bonne conseillère, et ils décidèrent prudents,
de partager équitablement, l'opportune denrée.

Mastiquant la chair tendre, Pilou tigré, s'inquiéta le premier :

« Loutre Philippine, tu es mon miroir mouillé ! »

« Je sais, dit-elle ironique, je suis un peu ton portrait craché !
Mon museau, mes petites oreilles, mes dents acérées, tout en moi est chat : »
« mes yeux, mes moustaches, mes pattes aiguisées. »

« C'est vrai », reconnu Pilou chat tigré :
« je suis curieux des poches vides, des sacs entre-baillés,
et toi à l'identique, des cavernes sous-marines, des trous secrets. »
« Je poursuis les souris, les papillons et mes congénères,
et tu chasses dans les forêts de keltes, le poisson vif, les araignées, et même, des mammifères.
Mes jeux sont ludiques, sur le dos je peux rester, et je dors ignorant les matines comme les nuitées ! »

« Peut-être serons nous, un jour, en l'autre, réincarnés ?»
suggéra Philippine...

Un frisson longitudinal, traversa l'échine de Pilou, apeuré.
L'idée de finir en loutre aquatique, de baigner nuit et jour dans un liquide glacé,
c'en fut trop, qu'elle idée !

Plutôt finir souris, musaraigne, volatile, chat castré !

Sur le champ,
il abandonna sa pitance à Philippine,
se promettant dans l'instant, d'oublier,
sa rencontre, son contenu, jusqu'à l'idée suggérée,
de se voir amphibie, un jour, ressuscité...

On raconte que depuis, aux abords du lac, certains soirs à la veillée,
Philippine et ses copines, se gaussent, sur le dos, ventres déployés,
de l'histoire d'un chat gourmant, égaré,
par les propos d'une coquine menteuse,
décidée à conserver,
coûte que coûte, son déjeuner, entier.
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# Postato martedì 29 gennaio 2008 10:51

Modificato giovedì 06 marzo 2008 08:15

à Chris Le Vraux, pour Marie, sa Famille, ses Amis.

à Chris Le Vraux, pour Marie, sa Famille, ses Amis.
Encore hier, j'ai hésité, déjà presque un an.

Un poussin doré, surdimensionné, perché sur un deux roues, fatigué par sa charge lourde.

Le mirage d'une forme épaisse, à l'angle familier d'une impasse dérobée, fréquentée d'enfants, de clowns, de marionnettes et de jouets aussi, de vides greniers.

Cet ados géant, timide et discret, paradoxe d'un physique encombrant, à la culture ciblée faite de rock, de bandes dessinées, de clichés rares, fut brièvement, trop brièvement, sujet d'étonnements, de fous-rires et de rages douces.

Ses arrivées décalées, ses articles passionnés, ses « pitchounes », souvent à la mesure de sa démesure, mais tellement tendre, que je suis obligé, de ne pas oublier, ses pompes de scouts, son cirée de marin, sa bonhomie déjantée.

On l'aurait cru tout droit sorti d'un album de Marcel Gotlib, d'une b.d..

Mais les conventions, les normes, notre supposée normalité, sont elles adaptées à ces belles différences, ces richesses, ces variétés ? Il fut une bonne surprise, en fut il remercié ?

De mes amis il était leur unanimité, laissant personne indifférent, à la fois silences parlants et vifs intérêts.

Curieux de tout, du futur au passé, ta mémoire reste vive, au point parfois de me sembler voir passer, un fantôme, une ombre amicale planer, sur nos rues, dans la mémoire collective, les yeux de familiers.

Repose en paix, passe ton permis, lève le coude, attend un peu, j'arrive au guichet.


# Postato lunedì 28 gennaio 2008 06:49

Modificato lunedì 28 gennaio 2008 09:15

Plume et Mouton, ou l'amour improbable.

Courant d'air porta la plume au mouton
en moultes ronds, arabesques désordonnées.

Désobéissants aux lois, adeptes du hasard,
défiants Monsieur Le Temps, ignorants Madame Logique,
ces deux êtres de rien, s'enlacent, s'échappent, se repoussent,
tels de jeunes chats, leurs jeux, territoire, une brousse.

Impossible rencontre faite d'air et de vents
défiant la science aléatoire,
ils se lassent, s'entrelacent, s'ignorent, en collectes permanentes,
de compagnons de voyages légers et fins,
d'amis, de peu, de miettes de pain.

Balais, serpillères, ennemis légendaires, ignorez leur amour,
leurs déplacements libertaires.

En ce monde programmé, laissez vivre la rencontre improbable
d'une plume égarée et d'un mouton de poussière, magique,
deux êtres nés, ignorés des pragmatiques, des malvoyants, des égoïstes,
des grands de ce monde,
trop attachés à ne pas poser leurs regards plus bas,
de peur de découvrir en leurs traces, un monde sur lequel,
pourtant, ils marchent et se nourissent ...

Tu es né poussière, tu retourneras à la poussière.
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# Postato sabato 26 gennaio 2008 10:05

Modificato lunedì 28 gennaio 2008 05:33

L'un de ses cheveux comme marque page.

L'un de ses cheveux comme marque page.

Sarcophage de vélin imprimé de violine
empreintes de mes larmes pareilles à des bombes,
sur ce papier glacé jauni d'effluves insomniaques,
Innocent je te croyais de me lire.

Cris étouffés, tendres râles d'adultère
par mes sens, d'écritures, j'évoquais mes passions
dont seule, tu n'avais partagé le secret.
Intime journal, miroir de mes faiblesses.

Quand soudain, un signet entre deux pages
une bûche sur l'océan de mon mal-être,
l'un de tes cheveux, imprimé, oublié.

Tant dix ans comme mon visage marquent mes lignes
et rappellent à ma souffrance, la raison de ton départ.
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# Postato sabato 26 gennaio 2008 09:24

Lettre à Sophie chalet n°16, de sa plante abandonnée... Aloé...

Lettre à Sophie chalet n°16, de sa plante abandonnée... Aloé...
Lettre à Sophie, chalet n°16

Ce n'est pas que vous m'ayez, tel un vieux tronc sec, abandonnée à ce gardien de pâturages virtuels, appelé communément, "Le Berger", mais votre silence depuis ce mois écoulé, triste comme un jour sans soleil, me pèse sur les racines....

Cependant, je ne vous cache pas que pourtant, on me chouchoute, on m'aime !!!

Un bain tempéré par semaine, un quart de tour quotidien toujours orientée vers la lumière et protégée à la fois, dans cet ancien atelier de peintre où je trône telle une Reine sur un socle de marbre Vénitien.

Même le chat de la maison, un dénommé "Titeuf" s'intéresse inquiétant, à ma constitution profonde et tente vainement par nombres gloussements félins, de s'attirer mes faveurs, voire de démonter mon cache pot, et ainsi me voir nue, offerte comme un remède à ses maux de janvier: ( traduisez chaleurs, en chat, enfin en chat diminué.... Je me comprend...)

Pas plus tard qu'hier, je me suis découverte deux bourgeons naissants en mon centre, pointés vers le ciel, d'un vert tendre et délicieux, que je ne reconnais qu'avec honte, tant ma peine est grande, de vous avoir perdue, de vous savoir absente...

Ainsi va la vie, qui aloé... verra, comme disait mon greffon-père...

Enfin, même cette S.P.A. végétale, ( Sté protectrice de l'Aloévéra ) refuse d'entendre mes suppliques, prétendant que je n'ai rien perdue au change, sinon, de vous avoir perdue, vous, ce qui pour une plante, même d'exception, est moindre qu'un sol aride, un soleil éteint, une invasion de criquets, un foyer sans Amour....

Le pire est pourtant à venir: en contrepartie de ce soit-disant confort, ce luxe dont on m'entoure, je dois rendre des services.... oui, comme ce dernier, en ce jour:

je m'explique:

Mon nouveau maître, ce Berger de cocagne, ce matin au départ, m'adresse entre deux: "Sois belle et ne te tais pas":
"Je suis en rupture de ce gel salvateur à destination de mes gencives, cadeau précieux de ton ancienne Maîtresse: pourrais-tu, d'un émail, lui en passer commande et me renseigner où et quand, je pourrai en disposer ? merci ma belle plante !"

Et c'est ainsi que depuis ce matin, je suis au bagne devant cet écran, ce clavier et cette souris capricieuse, dont même le chat, cet ingrat, refuse de se saisir, me préférant oisive, tout à lui, comme ces dernières semaines.

Ma douce Maîtresse, je vous en supplie, renseignez ce vil Berger et procurez-lui ma sève, qu'il me libère de ce joug cathodique et soulage ma double peine....

J'attend par retour quelques nouvelles et de quoi renseigner mon nouveau maître, qui sommes toutes si j'étais humaine, comblerait certainement une partie, un dixième?, de cette exception que je suis, mi-plante, mi-femelle...

Votre dévouée, abandonnée.... Aloé....
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# Postato mercoledì 23 gennaio 2008 09:13

Modificato giovedì 24 gennaio 2008 11:21

PROCHAINE REUNION DES ADHERENTS MERCREDI 23 JANVIER A 20H00 MISSION ECONOMIQUE

Les Complices de l'Association !
PROCHAINE REUNION DES ADHERENTS MERCREDI 23 JANVIER A 20H00 MISSION ECONOMIQUE
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# Postato lunedì 14 gennaio 2008 03:22

Spectacle Pyrotechnique de David PROTEAU proposé par l'Office Culturel et Educatif de Talence (OCET)

Vendredi 11 janvier à 19h00 Place ALCALA DE HENARES - tramway ligne B station FORUM - Centre Ville de Talence Les Feux d'Hiver et la soupe à l'oignon !
Spectacle Pyrotechnique de David PROTEAU proposé par l'Office Culturel et Educatif de Talence (OCET)
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# Postato giovedì 10 gennaio 2008 08:12