Un poussin doré, surdimensionné, perché sur un deux roues, fatigué par sa charge lourde.
Le mirage d'une forme épaisse, à l'angle familier d'une impasse dérobée, fréquentée d'enfants, de clowns, de marionnettes et de jouets aussi, de vides greniers.
Cet ados géant, timide et discret, paradoxe d'un physique encombrant, à la culture ciblée faite de rock, de bandes dessinées, de clichés rares, fut brièvement, trop brièvement, sujet d'étonnements, de fous-rires et de rages douces.
Ses arrivées décalées, ses articles passionnés, ses « pitchounes », souvent à la mesure de sa démesure, mais tellement tendre, que je suis obligé, de ne pas oublier, ses pompes de scouts, son cirée de marin, sa bonhomie déjantée.
On l'aurait cru tout droit sorti d'un album de Marcel Gotlib, d'une b.d..
Mais les conventions, les normes, notre supposée normalité, sont elles adaptées à ces belles différences, ces richesses, ces variétés ? Il fut une bonne surprise, en fut il remercié ?
De mes amis il était leur unanimité, laissant personne indifférent, à la fois silences parlants et vifs intérêts.
Curieux de tout, du futur au passé, ta mémoire reste vive, au point parfois de me sembler voir passer, un fantôme, une ombre amicale planer, sur nos rues, dans la mémoire collective, les yeux de familiers.
Repose en paix, passe ton permis, lève le coude, attend un peu, j'arrive au guichet.





